JOURNÉE DE DIVULGATION : la nouvelle masterclass de Steven Spielberg en matière de réalisation de films de genre

Ces derniers temps, l’empathie, tant en théorie qu’en pratique, a reçu plus que sa juste part de coups, en particulier de la part d’experts de droite, d’intellectuels publics comme Gad Saad et de l’homme le plus riche du monde, le futur milliardaire Elon Musk.

C’est Saad, un professeur de marketing canadien devenu philosophe, qui a inventé le terme « empathie suicidaire » pour décrire ce qu’il considérait comme un altruisme déchaîné. Ce n’est pas le cas. Ce n’est que la dernière glose du credo du personnage fictif Gordon Gecko, « La cupidité est bonne », une justification mal argumentée de l’égoïsme, de l’égoïsme et du droit à soi.

Que ce soit intentionnel ou fortuit, le (Les Fabelman, Histoire du côté ouest, Pont des espions) premier film en quatre ans, Journée de divulgationson premier film de science-fiction depuis les ratés de 2018, Prêt Joueur Unet son premier film sur le thème des extraterrestres depuis plus de vingt ans, fonctionne sur le plan thématique, narratif et dramatique à la fois comme une critique et un contre-argument aux partisans de l’anti-empathie comme Saad, Musk et leurs partisans.

Journée de divulgation se concentre sur la « divulgation » du titre, le jour où les théoriciens du complot sur les ovnis postulent depuis longtemps que des preuves de longue date et cachées de visites extraterrestres seront révélées au grand public et/ou au monde. Que cette preuve existe ou que ce jour viendra un jour ne relève pas de cette revue, mais pour les personnages capturés dans le Web du film de Spielberg, Daniel Kellner (Josh O’Connor), un lanceur d’alerte portant un sac à dos rempli des secrets liés aux extraterrestres et supprimés par l’État susmentionnés, et Margaret Fairchild (Emily Blunt), une météorologue itinérante pour une chaîne de télévision locale de Kansas City, ce n’est pas le Jour de la divulgation qui changera leur vie de manière irrévocable ; c’est tout ce qui précède le Disclosure Day.

Employé d’une société ultra-secrète alignée sur le gouvernement, WARDEX, Kellner ne s’échappe pas avec ces secrets sans être découvert. En fait, il est déjà en fuite dans les premières minutes, espérant que son maître, Hugo Wakefield (Colman Domingo), un cadre supérieur de WARDEX devenu voyou, pourra aider à sauver Kellner et sa petite amie, Jane Blankenship (Eve Hewson), des griffes du PDG de WARDEX, Noah Scanlon (Colin Firth) et de son armée d’hommes de main vêtus de noir. Si Kellner ne parvient pas à s’échapper, Scanlon gagne, et les secrets de la visite des extraterrestres, y compris la technologie extraterrestre récupérée, resteront cachés à l’humanité, peut-être de façon permanente.

Pour Margaret, une étrange rencontre avec un cardinal rouge qui entre dans son appartement déclenche quelque chose de profondément ancré dans son subconscient. Avant que Margaret ou son petit ami sceptique, Jackson (Wyatt Russell), ne puissent déterminer ce qui se passe, Margaret se retrouve capable de parler plusieurs langues, y compris une langue non humaine, et, plus important encore, de se connecter avec des étrangers à un niveau profondément personnel. D’un seul coup d’œil, Margaret peut « lire » les blessures émotionnelles tacites d’une autre personne et, avec quelques mots rassurants, élever instantanément l’auditeur vers un lieu de réflexion, de guérison et de réconciliation.

C’est exactement là que Spielberg et son collaborateur fréquent David Koepp (Jurassic Park : Renaissance, Sac Noir, Présence), à partir d’une idée d’histoire attribuée à Spielberg, introduisent l’empathie dans Journée de divulgation, non pas comme une idée abstraite ou suicidaire qui mènerait à la destruction de la civilisation comme le prétendent Saad et d’autres, mais son contraire, comme quelque chose qui se rapproche du salut. Spielberg et Koepp s’appuient sur le concept de salut, une idée étroitement alignée sur les religions du monde, en particulier le christianisme, dans un sens à la fois spirituel plus général et également plus matériel : Le monde dans Journée de divulgation cela semble indiquer une troisième guerre mondiale et peut-être quelque chose de pire.

Ces idées particulières ne sont pas nouvelles dans la filmographie de Spielberg. On peut facilement les relier à son troisième long métrage, Rencontres rapprochées du troisième type, où les extraterrestres bienveillants représentaient une version laïque des êtres angéliques qui apparaissaient avec une régularité obstinée dans l’Ancien Testament. Là-bas, ce n’est pas un seul individu qui a sauvé le monde, seulement lui-même. Frappé par une vision irrésistible comme Paul sur la route de Damas, le personnage central, Roy Neary (Richard Dreyfuss), a abandonné sa vie, sa famille et le monde lui-même pour expérimenter la transcendance (contact extraterrestre). C’était intensément égocentrique, comme si la communion avec le spirituel ne pouvait se déployer que dans le cœur et l’esprit de chaque individu.

La poursuite de sa vision par Neary constitue également une justification facile et bien trop familière pour un artiste embrassant sa véritable vocation, mais maintenant, des décennies plus tard et à l’approche de son 80e anniversaire, un Spielberg plus introspectif a une réponse complètement différente. Poursuivre une vision singulière ne suffit pas, loin de là. La réponse réside dans l’action collective, dans l’altruisme, la compassion et l’empathie. Même si un cynique le qualifierait de naïf, Journée de divulgation repose sur la confiance en soi et dans les autres pour agir pour le bien commun.

Et malgré toutes ses idées lourdes et provocatrices, Journée de divulgation ne se déroule pas comme un traité sec ou une polémique sur l’état précaire du monde tel que Spielberg le voit, mais comme une aventure de science-fiction à grande échelle remplie d’un assortiment pas si aléatoire d’éraflures et d’évasions, le tout traité avec le soin habituel de Spielberg, son souci du détail et une maîtrise inégalée de la scène. La poursuite de Kellner et plus tard de Margaret par WARDEX commence par une poursuite, se poursuit par une autre poursuite et se termine, comme le font de nombreuses poursuites cinématographiques, au début ou vers le début, en suivant un chemin circulaire non inattendu, mais qui va à l’encontre à la fois du statu quo ante et de l’équilibre politique, social et culturel qui y est associé.

Journée de divulgation

Écrivain(s)
  • David Kopp
  • Steven Spielberg
Casting
  • Émilie Blunt
  • Josh O’Connor
  • Colin Firth

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